Occitane

Un peu de tout

mardi 23 juin 2009

Paroles, paroles, paroles...

Notre président a obtenu du Parlement une loi qui lui donne le droit de s'adresser directement à lui, sous forme de monologue si j'ai bien compris.
Une telle permission était au goût du jour du temps de nos arrière-arrière-grands-parents, mais il paraît que c'est résolument novateur que de lui redonner vie. Admettons.

A cette époque, si un membre du Parlement convoqué voulait jouer la désobéissance, tout en restant au courant du contenu du discours, il lui fallait se cacher derrière les tentures.
Aujourd'hui, il se met devant sa télé, économisant ainsi les rejets de CO², et il peut apprécier non seulement chaque mot, mais aussi chaque grimace, chaque tic qui ponctue le discours, l'arrivée solennelle au congrès, la tête de ses collègues et des ministres. Merveille de la technologie, tous les quidams lambda qui allument leur télé ce jour-là et le suivant, qu'ils le veuillent ou non, verront les mêmes images.

Notre président avait donc un besoin pressant de faire un discours devant son congrès. Pour l'occasion, il a choisi le château d'un vieux roi détesté mais glorieux. Comme il ne pouvait pas prendre le même costume, perruque et talonnettes,  qui permettaient au vieux roi de masquer sa petite taille devant son cortège de courtisans, le président a préféré se présenter en civil, mais tout seul.

Puis il a fait son discours. De l'avis de tous, il a prononcé celui du premier ministre, peut-être ont-ils interverti les feuillets. De l'avis de la plupart, le contenu n'a rien eu d'innovant. Pour qu'il entre dans l'Histoire, comme c'était prévu, le président passera un petit coup de fil à un pote éditeur de manuels scolaires.

Bref, si on résume : le président a voulu représenter la modernité et la "rupture" en jouant les monarques 17ème, il a déplacé les 900 parlementaires, les ministres, des dizaines de journalistes dans un décor créé pour la circonstance, sans rechigner à la dépense, pour y lire un discours ordinaire -qui n'était manifestement pas le sien - et télévisé.
Son monologue n'appelant aucune réponse, il aurait pu se contenter, 21ème siècle, crise économique et grenelle de l'environnement obligent, d'une allocution télévisée depuis son bureau.

Comme il n'y avait rien à dire sur le discours, somme toute banal, les commentaires ont porté sur les velours. 

Posté par occitane à 19:02 - Véridique ! (humour) - Commentaires [2] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

Commentaires

maître du (demi)monde

Avec "lui" et son "Triste sssire Guéant", tout est dans la manipulation et la récupération. Et ça marche.
Epoque désespérante ! Et cé pas les nominations de ce soir qui redonnent le sourire .....

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Ta conclusion est très jolie.

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Posté par yanik, mardi 23 juin 2009 à 20:57

Désolant, désespérant, écoeurant, etc...etc...
En plus IL a installé sa résidence secondaire à La Lanterne (IL ne doit pas savoir que, les aristocrates à la lanterne on les pendra).

Posté par la fourmi, mercredi 24 juin 2009 à 20:35

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